Historique
1964 - 2024
De l’ASBL Foyer l’Espérance à l’ASBL l’Entrefaite
Historique
1964 - 2024
De l’ASBL Foyer l’Espérance à l’ASBL l’Entrefaite
La richesse de nos 60 ans d’existence ne nous permet pas de tout raconter, c’est pourquoi ce texte est vu comme une ligne du temps comportant les moments importants de l’ASBL mais également, en parallèle, l’évolution du milieu de la protection de l’enfance devenu aujourd’hui l’Aide à la Jeunesse.
Nos deux histoires étant liées, certains moments institutionnels témoignent déjà de l’esprit d’innovation qui animait l’équipe fondatrice et que nous espérons poursuivre.
Ce résumé historique est rédigé sur base des précieuses notes de Madame Jacqueline Ashmore-Lorant à qui nous rendons hommage pour avoir porté son projet, comme un enfant, pendant près de 40ans.
*Les précieux recueils de Madame Lorant, mémoires de l’institution, sont stockés dans nos locaux et sont visionnables sur rendez-vous.
Avant 1912
La justice des mineurs était uniquement pénale, et se basait sur le Code Pénal de 1867. Le mineur, considéré comme doué de discernement, était puni au même titre que les adultes pour une même infraction commise. Cette période était marquée par une autorité paternelle quasi absolue.
La Loi du 15/05/1912 relative à la protection de l’enfance constitue la première balise en matière de protection de la jeunesse. La Belgique change sa politique à l’égard des mineurs délinquants et rompt avec l’idée de sanction pénale au bénéfice de juridictions spécialisées de l’enfance chargée de prononcer des mesures de garde, d’éducation et de préservation à l’égard des mineurs traduits en justice. Elle reste dominée par le souci de maintenir l’ordre établi contre la criminalité et de protéger la société des mineurs délinquants. La majorité pénale est fixée à 16 ans.
C’est une période caractérisée par le développement du mouvement associatif caritatif et par la naissance des écoles de service social (1920) formant progressivement du personnel qualifié.
Les orphelins, issus des deux grands conflits mondiaux, sont pris en charge par de grandes associations confessionnelles qui gèrent des orphelinats de grande taille, unisexes, tandis que les mineurs délinquants restent pris en charge par des structures publiques.
Les années 50 voient émerger les premières écoles d’éducateur, professionnalisant et spécialisant le métier et la déclaration des droits de l’enfant (1959) qui reconnait et affirme l’enfant comme sujet de droits et non plus comme objet.
En parallèle aux grosses structures confessionnelles ou étatiques, de petites initiatives privées voient le jour à l’image de la nôtre dont les prémices remontent à 1960, quand l’Abbé Edgard Sottiaux (originaire de Salet) et Freddy Franck, Directeur de l’Aide à l’enfance du pays, discutent ensemble de l’idée de créer un foyer pour jeunes inadaptés dans la paroisse de ce premier. Avec la participation de Jacqueline Lorant et de Marie-Louise Wautelet la réflexion se poursuit jusqu’au décès de l’Abbé Sottiaux en décembre 1963.

En 1964
Jacqueline Lorant reprend le flambeau en l’honneur de l’Abbé Sottiaux. Elle s’entoure de Robert Bracq, substitut du procureur du Roi de Charleroi, et d’Omer Leclère, militaire de la Base de Florennes ainsi que d’autres membres du Clergé. Cette équipe fondatrice lance le projet de création d’un foyer pour enfants moralement abandonnés où seraient accueillis les enfants d’une même famille, où les fratries ne seraient plus séparées et maintiendraient leurs liens. Elle entame une campagne d’appel aux dons privés, en absence d’un subventionnement étatique.

L’ASBL le Foyer l’Espérance est constituée le 16 avril 1964 par Robert Bracq, Raymond Laffineur, Omer Leclère, Marcel Paternotte, Guy Demat, Jacqueline Lorant, Marie-Louise Wautelet, Suzanne Tagon, Madeleine Vuidar et Julie Schepskens.
Jacqueline Lorant et Omer Leclère en prennent la direction.
La première maison mixte de 8 puis 15 enfants, Villa Espérance, est créée au cœur du village de Bioul. La population et le Bourgmestre Marcel Pinon réserveront un bel accueil à cette initiative. Une équipe est créée pour assurer une présence 24h/24.
La loi du 08/04/1965 relative à la protection de la jeunesse marque la naissance d’un droit des mineurs. Ce changement traduit un déplacement du centre de gravité de la Loi, de l’état dangereux du mineur que la société cherchait à enrayer pour mieux défendre la société contre la délinquance, vers l’état de danger, de péril pour le mineur pour son droit à un développement normal comme personne. L’intérêt de l’enfant devient le fondement de toutes les dispositions de la Loi L’âge de la majorité pénale passe de 16 à 18 ans, le jeune bénéficiant de la présomption pénale de non-discernement jusqu’à cet âge.
Cette loi comporte un volet de protection sociale qui se justifie « lorsque la santé, la sécurité, ou la moralité d’un mineur est en danger soit en raison de du milieu où il est élevé, soit pour les activités auxquelles il se livre, ou lorsque les conditions de son éducation sont compromises par le comportement des personnes qui en ont la garde » (Art.2). Ce qui correspond à l’émergence d’une tentative d’instauration d’un mécanisme d’aide non contraignante, libre et acceptée, aux familles en difficultés.
Ce n’est que dans un second temps, en cas de persistance ou d’aggravations des difficultés, que le volet judiciaire s’activera par le biais de mesures contraignantes.
Malgré ce changement législatif important et afin de subsister sans aide officielle, la Villa Espérance reçoit une première aide rations alimentaires de l’opération Arc-en-Ciel. Parallèlement, une campagne est lancée pour solliciter une adhésion financière au projet et pour le recrutement de MAMANS

1965
1965 Monsieur Jules de Montpellier d’Annevoie reprend la présidence du Conseil d’Administration, après Monsieur Bracq.
Les années 60 voient émerger une laïcisation, une professionnalisation croissante des métiers d’assistants sociaux, éducateurs, psychologues et la création d’organismes de formation continuée (école des cadres) en vue de perfectionner le personnel en cours d’emploi.

1966
Octobre 1966 un deuxième foyer voit le jour à Bioul, la Villa Chez Nous, accueillant 12 enfants de 12 à 21 ans est créée dans le quartier du Pairoir. Ce projet recevra son agréation officielle 3 ans plus tard en mars1969.

Un concept innovant est né : à la tête de chaque maison, une MAMAN, substitut parental exclusif, vit sur place, aidée par une femme d’ouvrage pour la préparation des repas et l’entretien des locaux. La formule “maison familiale” fait des adeptes, Jacqueline Lorant quitte son emploi d’institutrice pour se consacrer entièrement à la direction des maisons.
De 1967 à 1970
Mars 1967 la création d’un troisième foyer est officialisée : le foyer Les Pâquerettes voit le jour à Florennes avec au départ 4 enfants, puis 13.
A cette époque, le parrainage de notre ASBL par la Base J Offenberg, de Florennes, s’officialise.
Avril 1968 l’organisation des foyers se construit et se discute en assemblée générale… Pour la première fois, chaque maison reçoit un budget mensuel.
Durant l’année 1969, trois autres maisons sont rattachées “administrativement” : La Villa Bourgogne située à Mettet, La Villa Comme Chez soi située à Olloy-sur-Viroin et la Villa Cécile située à Braine-le-Comte. La gestion de ses 3 maisons entrainant trop de dispersion des efforts, celles-ci redeviendront rapidement autonomes.
Septembre 1969, la Villa Petit Nid voit le jour, rue d’Arbre, à Bioul pour 10 enfants de 3 à 21 ans.
Novembre 1969, la Villa Pâquerette doit quitter Florennes et arrive à Bioul, rue Vaxelaire.
Dans le sillage de la nouvelle Loi de 1965 relative à la protection de la Jeunesse, émerge la nécessité pour les institutions prenant en charge des mineurs d’être agréées par le ministère de la Justice (Art. 66).
L’obtention de cette agréation est conditionnée par divers critères tels que normes de confort et de sécurité, fixation du nombre de mineurs accueillis, qualification exigée du personnel, … Une fois agréées, ces institutions entrent dans les conditions pour obtenir des subventions publiques et jouissent d’une reconnaissance officielle par l’Etat.
Avec cette nouvelle procédure, les juges voient leurs prérogatives de choix institutionnels se retreindre ; c’est désormais l’Administration qui agrée les institutions et ceux-ci doivent désormais choisir parmi la liste de celles agréées alors qu’auparavant le choix leur était libre.
Parallèlement, on assiste au sein de la société belge à un renouvellement des méthodes pédagogiques notamment influencées par la psychiatrie, la psychologie et la pédo psychanalyse. L’approche éducative devient basée sur le relationnel ; l’intérêt, le développement d’un lien affectif, l’écoute et l’épanouissement de l’enfant dans son environnement font l’objet d’une attention accrue. Ces nouvelles perceptions se traduisent par une prise en charge calquée sur le modèle familial ; modèle mis en place dès le début par notre ASBL. La mixité apparaît, y compris dans l’enseignement.
De 1970 à 1980
Une maison, la Villa Les Roches s’ouvre, rue de Salet, à Bioul pour 12 enfants de 0 à 21 ans.

Au début des années 70, tout le système des « maisons familiales » développé par l’ASBL Foyer l’Espérance fonctionne bien mais repose encore sur les bonnes volontés présentes et grâce à l’aspect caritatif. Malheureusement, à chaque fois qu’une Maman désirait se marier, elle partait ; ce qui complexifiait la gestion de ces maisons de type familial.
Juillet 1972 fermeture de la Villa Pâquerette, le bâtiment est trop vétuste. Elle sera accueillie dans l’ancienne gendarmerie attenante au château Vaxelaire, bâtiment qui abrite encore aujourd’hui le siège social de l’ASBL L’Entrefaite.
Aout 1972, Les premiers éducateurs qualifiés sont engagés au sein de l’ASBL et la mixité s’installe dans les équipes au grand dam des inspectrices de l’ONE, car ce n’était pas dans les mœurs de l’époque de voir des équipes mixtes travailler dans l’éducation. Là aussi notre ASBL se montre en avance sur son époque.
Par ailleurs, nous recevons un premier minibus, offert par l’ASBL les Amis de l’enfance abandonnée.
Novembre 1972, la villa Le gai logis, une maison pour 6 jeunes étudiantes, est créée rue de Fraire à Bioul.

1973, toutes les équipes sont mixtes et dirigées par une personne qualifiée dans le domaine social ou éducatif. En parallèle, nous commençons l’écriture de notre premier projet pédagogique institutionnel : tout notre système éducatif repose sur la participation des enfants en vue d’acquérir un maximum d’autonomie en fonction de leur âge et de leurs possibilités. Ils participent au choix de leurs études, de leurs loisirs, de leur tenue vestimentaire. Ils fréquentent les écoles avoisinantes et nouent des relations avec les enfants du village. Les liens avec les familles ne sont plus considérés à exclure durant le placement mais sont favorisés ; ce qui est une révolution dans le secteur.
Avril 1974, Omer Leclère quitte le Foyer l’Espérance, c’est vécu comme un réel abandon par ses collaborateurs qui le remercient néanmoins pour tout ce qui l’a apporté.
En 1974, Le ministère de la Justice augmente la norme d’encadrement, de deux éducateurs par maison, on passe à trois ! Cette année-là correspond aussi aux 10 ans de l’ASBL, toujours confrontée à d’intenses difficultés économiques malgré son agréation. Les villas Gai logis et le petit nid fusionnent pour des raisons économiques et logistiques ; les bâtiments sont vétustes et coûtent trop cher à l’ASBL.

Janvier 1975 voit le premier parrainage du Gai Logis par le service Club les Soroptimist de Dinant. Un peu plus tard, le Rotary Club de Dinant rejoindra la cause et organisera concerts et gala pour réunir des fonds afin de soutenir nos missions.
1976 la réalité économique de l’ASBL est très difficile, la directrice doit affronter le manque de moyens financiers, humains et logistiques. Les propriétaires de maisons occupées souhaitent récupérer leurs biens ou ne réalisent pas les travaux nécessaires ; ce qui impacte la survie des différentes villas et les autorités de placement sont en retard ou en défaut de paiement. La faillite n’est pas loin, avec le risque de mettre les 75 enfants accueillis à la rue.

Pour sortir de ce lien locatif précaire, un projet de construction est nécessaire. L’association 48.81.00 soutient l’idée en apportant 1/3 du budget et Françoise Woolf, journaliste à la RTB vient sur place. En réponse à la médiatisation de cette fragilité financière, les forces vives ne diminuent pas et de nouveaux projets voient le jour.

La solidarité autour des Foyers de l’espérance se construit et se solidifie grâce à son ancrage local. De belles et généreuses initiatives émanant de parents d’enfants du village et d’éducateurs voient le jour et se poursuivront pendant de très longues années.



1976, les normes d’encadrement augmentent encore : les équipes passent de 3 à 4 éducateurs par équipe, un ouvrier est engagé pour l’entretien des bâtiments et une ouvrière pour la couture et l’entretien du linge. L’ASBL mise sur la dimension pluridisciplinaire et engage un assistant social à temps plein, une psychologue et une infirmière à mi-temps, afin de rencontrer au mieux les besoins des enfants. Enfin, en plus de Madame Lorant, directrice, qui chapeaute toute l’organisation, une cheffe de groupe s’occupe de la coordination pédagogique entre les maisons.
En 1977 le questionnement quant à l’abaissement de la majorité de 21 à 18 ans soulève de vives inquiétudes dans notre secteur.

En 1978, L’ASBL Les amis du Foyer l’Espérance se forme grâce à la mobilisation de différentes personnes privées désirant nous soutenir et en particulier le projet de construction d’une nouvelle villa, rue du parapet à Bioul. C’est Monsieur Remacle qui en sera le président.
Le 16/06/1978 Sa Majesté la Reine Fabiola rend visite aux différents foyers organisés et gérés par notre ASBL et se rend sur le chantier de la nouvelle villa. C’est un évènement qui provoque l’émoi dans tout le village et qui représente une très grande reconnaissance à l’égard du projet de Jacqueline Lorant.



De 1980 à 1989
1980, la seconde réforme de l’Etat entre en vigueur après une crise politique conséquente et majeure, durant laquelle, deux années durant, six gouvernements vont se succéder. Cette réforme fait entrer en fonction les trois communautés (Française, Néerlandophone et Germanophone) linguistiques et deux (Wallonie et Flandre) des trois régions administratives de l’état fédéral, avec l’octroi d’un pouvoir fiscal à celles-ci et transfert de compétences (santé, aide aux personnes, recherche scientifique) et de personnel.
Il faudra cependant, complexité belge oblige, attendre 1988 pour voir l’aide et la protection de la jeunesse définitivement transférées aux communautés. La loi de 1965, fédérale, devait donc être réformée au regard de cette seconde réforme de l’Etat.
En parallèle, pour faire face à la pénurie de personnel encadrant, à la faiblesse des moyens alloués, l’ASBL lance un appel pour accueillir des objecteurs de conscience désireux d’effectuer un service civil à la place du service militaire.
Mars 1980 Création de La Riviera : nouvelle maison communautaire pour 13 adolescents. A l’initiative de ce projet, une réflexion sur le manque d’accompagnement pour les jeunes entre 16-18 ans qui finissent leurs études et sont dans le début du monde du travail. La maison sera recherchée sur un axe de transport en commun et trouvée à Rivière !
26 mars 1980 : inauguration du Parapet, après près de deux années de travaux. C’est la première fois que l’ASBL peut offrir des chambres individuelles aux enfants qui lui sont confiés.



Décembre 1980 : Après 15 années intenses, à dépenser une énergie folle à nouer les deux bouts financièrement et logistiquement, à innover pédagogiquement au bénéfice des enfants placés, un conflit social éclate au sein de l’ASBL ; la réalité économique et logistique (fin de bail) entraine le conseil d’administration à envisager sa dissolution.
Un conflit interne éclate entrainant une réelle crise et une réorganisation nécessaire du mode de gestion de l’ASBL qui se professionnalise.




En mars 1981, l’ASBL rachète, grâce au soutien de madame la Juge Hancart, la Villa Bourgogne, et bénéficie désormais de 5 implantations permettant d’accueillir 75 enfants quotidiennement :
- La Villa Espérance (rue de Fraire à Bioul) ; 15 enfants dans un accueil de court à moyen terme.
- La Villa les Pâquerettes (rue de Rouillon à Bioul) ; 15 enfants avec une visée de travail vers le retour en famille.
- La Villa Parapet (rue du Parapet à Bioul) ; 15 enfants dans un accueil plus long.
- La Villa Riviera (à Rivière) ; 15 jeunes de 16 à 21 ans.
- La Villa Bourgogne (rue Reine Elisabeth à Mettet) ; 20 enfants de 0 à 21 ans.
En 1982, la Communauté Française – service protection de la jeunesse, agrée nos 5 implantations.


1983, la maison communautaire Riviera s’organise autrement. Observant que son public d’adolescents hébergés, ne disposait d’aucune qualification ni formation au terme d’un parcours familial complexe, elle décide de stopper temporairement ses activités d’hébergement au profit de l’insertion socio professionnelle de ce public.
Un Centre d’Adaptation et de Formation au Travail voit le jour dans ce bâtiment. Les adolescents déscolarisés et hors obligation scolaire (jusqu’à 14 ans à l’époque) sont mis au travail dans des ateliers de boulangerie, menuiserie, jardinage ou mécanique afin de les initier aux bases d’un métier puis de les orienter vers des contrats d’apprentissage auprès de professionnels.
La partie commerciale de ce projet sera gérée par l’ASBL Les Amis du Foyer l’Espérance.


1983 au sein même de l’ASBL Foyer de l’Espérance, Monsieur Jules de Montpellier d’Annevoie confie la présidence à Monsieur André Pirmez.
1984 Notre ASBL fête ses 20 ans. Une journée portes ouvertes est organisée ainsi qu’une après-midi récréative au profit des enfants. Cet évènement restera dans les esprits de tous et permettra en parallèle de remercier nos précieux soutiens sans qui cette utopie n’aurait pas pu prendre forme ni subsister aux aléas de ces 20 années mouvementées.


Juin 1984, La politique de la protection de la jeunesse est fondamentalement modifiée à la suite de la réforme du ministre Monfils. Son objectif est de diminuer l’hébergement et de favoriser le retour des enfants dans leur milieu d’origine. Une diminution de la norme d’encadrement suit et influence considérablement la masse salariale. L’impact direct sur le temps consacré aux jeunes se fait sentir.
L’ASBL Foyer l’Espérance se réorganise et est divisée en deux sections complètements distinctes :
- L’hébergement (62 enfants) répartis sur quatre foyers, une maison devant être fermée. Il reste alors 3 maisons à Bioul, agréées chacune pour 15 enfants et une à Mettet agréée pour 17. Chaque maison fonctionne avec 5 éducateurs.
- Le Centre d’Adaptation et de Formation au Travail
1986 L’ASBL, grâce à son implication continue depuis les années 70 dans l’opération 48.81.00, reçoit un minibus.


Anecdote…La directrice est invitée par la RTB à faire partie du jury de l’Eurovision. Elle verra gagner la jeune Sandra Kim qui chante « J’aime la vie ». Ce soir-là elle aura une pensée émue pour tous ces jeunes qui n’ont pas sa chance.
Le siège social déménage au 16 rue de Rouillon. Ce bâtiment est acheté par l’ASBL Les Amis du Foyer l’Espérance.

1987, divers arrêtés ministériels renforcent les exigences administratives et pédagogiques au sein de notre secteur. A cette époque, pour les institutions de plus de 60 lits, telle la nôtre, une direction tricéphale (générale, administrative et pédagogique) est mise en place avec des exigences de formation et de compétences particulières pour ces postes.
En parallèle, la philosophie du secteur se modifie et accorde de plus en plus d’importance à l’ouverture vers l’extérieur ; le suivi des jeunes hors des murs s’officialise (réintégration familiale, famille d’accueil, internat, logement supervisé…). A partir de ce moment-là, notre ASBL développe de plus en plus le travail avec les familles et l’accompagnement à l’autonomie des jeunes.
1987 les ateliers d’insertion socioprofessionnelle mis en place par le Centre d’Adaptation et de formation au Travail sont reconnus comme entreprise d’apprentissage professionnel (EAP) et disposent de deux antennes, l’une à Anhée, l’autre à Dinant (Globul’in). Cette dernière se veut un lieu ouvert, dédié à la jeunesse, où celle-ci peut trouver écoute, conseils, orientation et accompagnement par du personnel qualifié (psychologue, assistant social, éducateur).
Cette année marque aussi le début de l’aide proposée par le journal le Soir qui invite ses lecteurs à acheter des jouets pour les enfants placés, à l’occasion de la St Nicolas.
Par ailleurs, 32 enfants, hébergés dans nos implantations, sont invités à un baptême de l’Air offert par la base aérienne de Florennes qui parraine et soutien notre ASBL de longue date.

Juillet 1987 un évènement grave vient bousculer la vie de l’ASBL et plus particulièrement celle de la Villa les pâquerettes. Un incendie ravage une partie du bâtiment et on ne déplore que des dégâts matériels uniquement étant donné que les enfants étaient en vacances. Cet incendie fut l’œuvre d’un pyromane identifié deux ans plus tard.
Les enfants seront provisoirement hébergés à la Villa Espérance puis dans des appartements à Profondeville… En octobre 1987 tout rentrera dans l’ordre.
1988 L’ASBL innove encore et développe un projet d’appartements supervisés, baptisé Wep, dans un bâtiment acquis, à Wépion, par l’ASBL Les amis du Foyer l’Espérance. Ces 3 logements supervisés sont utilisés pour des adolescents comme tremplin entre la vie en institution et la vie en autonomie complète.
Durant 10 mois, ces adolescents découvriront les facettes de la vie d’adulte telles que les obligations financières, la gestion alimentaire, locative, administrative, tout en étant accompagnés par des intervenants sociaux.
Parallèlement l’ASBL poursuit ses missions d’hébergement au sein de ses 4 foyers de type familiaux, ses missions d’insertion socioprofessionnelle et de prévention en milieu ouvert avec son Centre d’Adaptation et de Formation au Travail, et développe un projet de dépassement de soi, pour adolescents, via un séjour d’initiation à la montagne.



Août 1988 le projet pilote le CAIRN est sélectionné et reçoit 50 000 fr de la Communauté Française pour sa réalisation. L’objectif de ce projet, créé sur la base de l’expérience des camps d’initiation à l’alpinisme organisés par l’ASBL en haute montagne, est d’offrir aux adolescents en crise et/ou ayant des comportements inadaptés, la possibilité de sortir de leurs problèmes en vivant une aventure qui les confrontent à leur véritable potentialité. La CAIRN offre autant des séjours pour des jeunes placés que pour d’autres en tant qu’alternative au placement. Sa devise sera « s’élever pour mieux grandir ! ».


1988 célèbre aussi les 5 ans du CAFT

1989 Les 25 ans
En lien avec ses différents projets développés extra-muros, l’ASBL célèbre son 25ième anniversaire en organisant un colloque sur le thème de “L’hébergement et le milieu ouvert : une complémentarité”.


1989 c’est aussi l’année de la ratification par la Belgique de la Convention des droits de l’enfant qui reconnait, entre autres, celui comme individu, comme membre d’une famille et d’une communauté.
Les années 1990
Madame Lorant, fondatrice et directrice de notre ASBL reçoit la médaille d’or de l’Ordre de la Couronne. Une distinction honorifique qui récompense plus de 25 années d’engagement au bénéfice de l’enfance à protéger.
Cette même année est promulguée la Loi abaissant la majorité civile à 18 ans. Cette législation vient perturber et insécuriser grandement le public des services résidentiels agrées jusqu’alors pour des jeunes âgés de 0 à 21 ans.



Dans le sillage de la seconde réforme de l’état, achevée pour notre secteur en 1988, la Communauté Française se dote d’un nouveau texte législatif qui reconnait des droits aux jeunes conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant : le Décret du 04/03/1991. Ce texte spécifique à notre secteur balise la philosophie, les objectifs, les instances, et les moyens déployés pour venir en aide à la Jeunesse.
Ses orientations principales étaient de déjudiciariser autant que possible la protection de la jeunesse, de décentraliser le secteur en mettant en place des structures proches du citoyen, de donner la priorité à la prévention ainsi qu’à l’aide et à la prise en charge dans le milieu de vie et d’assurer des garanties quant aux droits des jeunes et des familles. Apparaissent, entre autres, le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ), le Service de Protection Judiciaire (SPJ), le Délégué Général aux Droits de l’Enfant (DGDE)…
L’application de mesures à l’égard des comportements délinquants est réservée, en priorité, aux structures du secteur public (IPPJ) et la contrainte est laissée au pouvoir judiciaire.
Dans le secteur privé, l’apparition de cette nouvelle législation chamboule les pratiques existantes. La priorité étant devenue l’aide dans le milieu de vie, certaines institutions subissent une reconversion afin d’adapter leurs missions.
Au Foyer l’Espérance, ces missions hors hébergement existaient déjà depuis quelques années, néanmoins il y a lieu d’adapter les moyens humains alloués à celles-ci.
Une équipe d’éducateurs est détachée, parmi le personnel encadrant, pour le suivi des jeunes en kots et en réintégration familiale, sans passage par une structure d’hébergement. Il n’existe, à l’époque, qu’une seule autre institution, à Liège, qui développe ce genre de pratique pédagogique innovante.
Parallèlement, la Villa les Pâquerettes est fermée au profit d’une intensification des projets existants au sein des Villa Bourgogne, Villa Espérance et Villa Parapet. Chaque équipe redéfinit ses pratiques, son identité spécifique dont l’ADN subsiste encore à l’heure actuelle.
La Villa Espérance s’oriente vers un public plus jeune et une visée de réintégration familiale rapide. L’équipe veille à ne jamais couper le l’enfant de sa famille et celle-ci entre dans la maison et est impliquée dans la vie de l’enfant. La Villa Bourgogne accueille, quant à elle, des enfants pour lesquels l’autorité mandante pressent que le placement sera de plus longue durée ; la priorité est donc mise à la sécurisation de l’enfant dans son nouvel environnement. Là aussi le travail avec les familles s’intensifie et l’équipe veille à maintenir le lien entre l’enfant et sa famille. Enfin, la Villa Parapet héberge et accompagne un public mixte d’adolescents, souvent dans un premier placement imposé par une crise familiale.
L’ASBL rachète aussi l’ancienne gendarmerie reconvertie du village, une bâtisse du 18ième située rue de Rouillon 2, où sont abrités à l’heure actuelle notre siège social et notre section SAC Ados.
1992 L’ASBL Foyer l’Espérance reçoit le prix Robert Bracq via l’association Arc-en-ciel (soit 100 000 fr) pour la réalisation d’un projet vidéo.
En interne, on envisage des logements de dépannage pour les situations suivies par l’équipe extérieure. L’ASBL recherche des fonds pour rénover une partie du bâtiment situé dans le jardin du 2 rue de Rouillon.
1993 La fondation Roi Baudoin, dans le cadre un appel à projet relatif au dépassement de soi par le sport aventure pour un public d’enfants en difficultés, nous offre un subside pour notre projet camp/sport aventure en haute montagne.

1994 le Foyer l’Espérance a 30 ans et organise une journée théâtre et conférence-débats

1995 L’équipe extérieure obtient une convention lui permettant officiellement de suivre des enfants et des jeunes sans le passage par une période d’hébergement. Après 5 années d’innovation, nos missions sont enfin reconnues officiellement.
Mai 1996 inauguration des appartements supervisés de l’équipe extérieure.
1997, le Code de Déontologie de l’aide à la jeunesse voit le jour et s’impose à tous les acteurs de notre secteur au bénéfice d’une confidentialité nécessaire autour de notre public d’enfants mineurs. Certaines professions n’étant pas tenues au secret professionnel tel que décrit dans le Code pénal, le législateur a estimé nécessaire de baliser la notion de confidentialité, de secret professionnel partagé et l’échange d’informations entre professionnels.
Cette année-là, une équipe de Solidarité/Chantier International vient en aide au Foyer l’Espérance pour la rénovation du siège social. Un précieux soutien dans un chantier d’envergure.

1998 ça déménage…
Grâce à la précieuse aide de la base militaire de Florennes, soutien historique de notre ASBL, nous opérons divers changements.
- La Villa Espérance emménage rue du Parapet.
- La Villa Parapet (pour adolescents) descend rue de Rouillon et change de nom au profit de SAC Ados.
- Le siège social s’installe dans les greniers nouvellement aménagés de notre bâtisse rue de Rouillon.
Les équipes redéfinissent leur projet pédagogique pour s’adapter à leur nouvelle structure et à la réforme de l’Aide à la jeunesse. Le personnel est initié au secret professionnel et au Code de déontologie du secteur.
La Communauté Française émet un Décret (06.04.1998) qui définit ce qu’elle entend par le terme service. Ce texte impose à tout service qui désire être subventionné de faire l’objet d’une procédure d’agrément et de satisfaire aux conditions imposées pour l’octroi de subventions. En parallèle, notre législateur décide de valoriser les heures de nuits des éducateurs mais n’a pas prévu de budget, et tarde à structurer, par le biais d’Arrêtés spécifiques, les changements apportés par le Décret de 1991 à l’ensemble de notre secteur.
L’Arrêté du 15/03/1999 du gouvernement de la Communauté Française relatif à l’agrément et aux conditions d’octroi des subventions vient baliser le cadre règlementaire qui s’impose à toutes les structures privées œuvrant dans notre secteur. Ce texte balaie large, du processus d’agrément aux qualifications du personnel, des missions aux moyens d’évaluation de celles-ci, des frais de fonctionnement à ceux du personnel, du projet pédagogique au rapport annuel…
L’émergence de cet arrêté impose la mise en adéquation de notre ASBL, pas tant dans ses pratiques éducatives innovantes, mais plutôt dans la bureaucratisation émergente. Il devient nécessaire de produire de l’écrit pour obtenir reconnaissance, pour justifier son travail, sa gestion pédagogique, administrative et financière.
Mai 1999 l’ASBL Foyer L’Espérance fête ses 35 ans et la Villa Espérance reçoit le Prix de la petite enfance par l’UCL Louvain.

Décembre 1999 Madame Jacqueline Ashmore-Lorant annonce son départ à la pension au 31 janvier 2000.

Les années 2000
2000, nous introduisons notre demande d’agrément pour l’officialisation de notre structure telle que redéfinie sous l’impulsion de notre législateur : 3 maisons d’hébergement et un service extérieur.
Janvier 2001, un nouveau directeur est engagé pour succéder à madame Lorant. Les précieuses mémoires de la fondatrice s’arrêtent en même temps nous privant de détails, de moments charnières.
Rue de Roullion 2 • 5537 BIOUL • www.entrefaite.be • info@entrefaite.be • BCE 0409623575
